{"id":26830,"date":"2021-06-16T11:05:12","date_gmt":"2021-06-16T09:05:12","guid":{"rendered":"https:\/\/raymond-debieve.fr\/?p=26830"},"modified":"2021-06-16T11:11:12","modified_gmt":"2021-06-16T09:11:12","slug":"mille-et-une-femmes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/raymond-debieve.fr\/en\/mille-et-une-femmes\/","title":{"rendered":"Mille et une femmes"},"content":{"rendered":"<p class=\"qtranxs-available-languages-message qtranxs-available-languages-message-en\">Sorry, this entry is only available in <a href=\"https:\/\/raymond-debieve.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26830\" class=\"qtranxs-available-language-link qtranxs-available-language-link-fr\" title=\"Fran\u00e7ais\">Fran\u00e7ais<\/a>.<\/p>L\u2019\u0153uvre peint de Raymond Debi\u00e8ve est immense, on ne peut d\u00e9cid\u00e9ment plus en douter lorsqu\u2019on parcourt cette nouvelle exposition. Apr\u00e8s une premi\u00e8re r\u00e9trospective th\u00e9matique en 2016, une seconde con\u00e7ue comme la visite de l\u2019atelier de l\u2019artiste en 2017, une troisi\u00e8me \u00e9clectique en 2018 m\u00ealant peintures, sculptures et c\u00e9ramiques, enfin une quatri\u00e8me centr\u00e9e autour de la couleur en 2019, l\u2019exposition Mille et une femmes de 2021 s\u2019approche un peu plus encore de l\u2019\u0153uvre et de l\u2019intimit\u00e9 du peintre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Que cherche un peintre qui fait na\u00eetre sous son pinceau ces milliers de femmes ? Que disent du peintre toutes ces femmes color\u00e9es, mouvantes, lascives, r\u00eaveuses, ondulantes ou bien droites, toutes en angles, affair\u00e9es ? Certainement pas la qu\u00eate d\u2019inspiration ! Peut-\u00eatre le reflet d\u2019un app\u00e9tit insatiable pour l\u2019\u00eatre humain, et pour la femme en particulier. Sans doute la n\u00e9cessit\u00e9 de s\u2019approcher de l\u2019Autre, de le comprendre en le modelant, et de le donner \u00e0 voir dans toute sa diversit\u00e9 et sa complexit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La femme est chez Raymond Debi\u00e8ve multiple, changeante comme autant de variations autour de Jeannette, sa femme, sa compagne, son mod\u00e8le et son \u00e2me s\u0153ur, Jeannette qui occupe la premi\u00e8re place, qui est au centre de toutes les autres. Bien s\u00fbr, les femmes de la famille ne sont pas en reste, la grand-m\u00e8re L\u00e9a toute en larmes, la tante Emilia et ses pigeons, la tante Andr\u00e9e, les cousines, les jeunes ni\u00e8ces, et surtout, surtout, Madeleine, la maman, la premi\u00e8re femme, ch\u00e9rie et serr\u00e9e comme un tr\u00e9sor tout au fond des yeux\u2026 Se joignent aussi \u00e0 cet immense gyn\u00e9c\u00e9e les femmes du quotidien comme la marchande de l\u00e9gumes, les voisines, et les plus jeunes filles enfants d\u2019amis. Jeannette fut toutes ces femmes \u00e0 la fois, compagne patiente et pr\u00e9sente.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Elles sont rassembl\u00e9es aujourd\u2019hui dans une danse joyeuse, se rencontrant pour certaines, se d\u00e9couvrant entre elles et devant nous, toutes ces femmes qui, compagnes r\u00e9elles ou imaginaires, posant comme mod\u00e8les ou entraper\u00e7ues lors d\u2019une r\u00eaverie guid\u00e9e par les couleurs, ont peupl\u00e9 l\u2019int\u00e9rieur du peintre. Qu\u2019elles fussent esquiss\u00e9es, d\u2019un trait rapide et s\u00fbr, au crayon, \u00e0 l\u2019encre, \u00e0 l\u2019huile, \u00e0 l\u2019aquarelle, ou encore peintes avec patience et application \u00e0 la gouache, \u00e0 la loupe et au pinceau du miniaturiste ; qu\u2019elles fussent \u00e9veill\u00e9es, ouvertes au regard du peintre, ou bien au contraire, endormies et gardant leur part de myst\u00e8re, elles furent toutes saisies dans l\u2019instant vivant que leur rav\u00eet le peintre alchimiste.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Chacune fut croqu\u00e9e de couleurs, dessin\u00e9e en quelques traits vivants. Pas question d\u2019\u00eatre dans l\u2019imitation du mod\u00e8le ! Aucun int\u00e9r\u00eat, il y a la photographie pour \u00e7a\u2026 Non, il faut ne garder que le mouvement, l\u2019allure, le rire ou les pleurs sonores qui font vibrer les couches de peinture, les d\u00e9tails qui r\u00e9v\u00e8lent une personne : un menton pos\u00e9 nonchalamment sur une main pour une lecture confortable, des yeux r\u00eaveurs contemplant un chat, une foul\u00e9e d\u00e9cid\u00e9e un matin de d\u00e9part au march\u00e9, une jambe repli\u00e9e pour une sieste au soleil\u2026 Rien n\u2019est fig\u00e9, ni emprisonn\u00e9. Tout est en vie, en voix, en silences presque perceptibles, en temps suspendu qui reprend son cours, anim\u00e9 par le regard du spectateur qui poursuit la sc\u00e8ne.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ces femmes, Raymond Debi\u00e8ve les a peintes toute sa vie, des milliers, par petits bouts (une main, un sein, un \u0153il, un pied, des fesses : les \u00e9tudes fourmillent dans les cahiers, les marges, les planches), ou en composant des portraits, en pied ou en buste, adoptant tous les formats, de la miniature trait\u00e9e comme une enluminure courtoise aux panneaux de bois immenses o\u00f9 la femme se fait plus grande que nature, d\u00e9esse inqui\u00e9tante, elles sont partout, envahissent l\u2019espace pictural et imaginaire de l\u2019artiste.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019exposition t\u00e9moigne du foisonnement, de la profusion \u00e0 la fois de la pr\u00e9sence f\u00e9minine mais aussi de l\u2019\u0153uvre elle-m\u00eame. Le choix a \u00e9t\u00e9 fait de ne pas pr\u00e9senter les \u0153uvres ni chronologiquement, ni th\u00e9matiquement : toutes se m\u00ealent, femmes du pass\u00e9, femmes c\u00f4toy\u00e9es, femmes aim\u00e9es, femmes disparues, femmes inconnues \u00e9chapp\u00e9es, femmes livresques, femmes musicales, femmes radiophoniques, femmes mythologiques, femmes victimes, femmes d\u2019ouvriers, femmes symboliques\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cette galerie de portraits f\u00e9minins propose une image presque mobile des femmes, de la femme, et t\u00e9moigne de l\u2019acuit\u00e9 de Raymond Debi\u00e8ve pour la perception qu\u2019il a de l\u2019\u00eatre humain, de son int\u00e9r\u00eat infini pour l\u2019Homme, l\u2019observant sans cesse, le traduisant sous ses doigts, vision obs\u00e9dante, tra\u00e7ant \u00e0 coups de pinceaux vifs, rapides et pr\u00e9cis la vie avant qu\u2019elle ne s\u2019\u00e9chappe, et questionnant inlassablement cette femme changeante, reli\u00e9e \u00e0 toutes les autres, sans jugement, abolissant, comme le fait le po\u00e8te, les limites du temps\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">K.H.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sorry, this entry is only available in Fran\u00e7ais.L\u2019\u0153uvre peint de Raymond Debi\u00e8ve est immense, on ne peut d\u00e9cid\u00e9ment plus en douter lorsqu\u2019on parcourt cette nouvelle exposition. 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